Les couleurs de l’Âme

Un recueil de nouvelles comme troisième livre, écrites au fil de l’année 2009.

Exercice formateur : en participant à  des concours organisés par des médiathèques ou des associations tournées vers l’écriture et la lecture, j’ai eu l’opportunité d’expérimenter des thèmes nouveaux et différents de ceux que je privilègiais.  J’ai pu ainsi faire lire mes textes et, l’air de rien, cela m’a encouragée à persévérer. Suite aux présélections, la majorité des récits proposés a fait partie des finalistes  et les retours positifs de lecteurs m’ont confortée dans mon envie d’écrire.livre Nouvelles Photo

Pour garder une cohérence dans cet ensemble d’écrits qui se succédaient apparemment sans liens, je me suis donnée un thème que j’ai rajouté à celui de chaque concours: la couleur.

Chaque nouvelle comportait une dominante colorée qui pouvait être l’expression d’un sentiment, la représentation d’un objet, les caractéristiques de l’environnement  où évoluaient mes personnages, la vision particulière du personnage central sur le monde qui l’entourait.

Ce recueil comporte 11 nouvelles. Je l’ai publié en autoédition en Septembre 2014.

Voici une des nouvelles :

Lili n’aime que le rose

On venait de lui rapporter son petit Puppie, son petit Lhassa Apso originaire du Tibet. Le toiletteur l’avait transformé en une boule de poil rose vif, mais en teinture alimentaire s’entend. Un amour de chien ! Il serait ainsi parfaitement assorti à sa dernière veste en cuir rose, dénichée dans une boutique de Saint Germain des Prés. Elle le posa à terre et vérifia la tenue de ses ongles :

— Ooooh, flûte ! Un ongle de fichu ! Je ne peux pas aller demain au brunch de Kate avec ça ! Toute ma manucure à refaire ! J’espère que Barbara pourra venir !

Lili-Rose décrocha le téléphone en plastique rose transparent style seventies et appela le salon :

— Hello, Bab ! Lili-Rose ! J’ai un besoin urgentissime d’une manucure.

— …

— Non, je ne peux pas me déplacer. Je ne trouve rien à me mettre et je suis dans tous mes états. Je veux un soin à domicile au plus vite !

— …

— À tout de suite, chérie, je t’attends !

Elle posa le combiné en observant le moindre de ses gestes dans les glaces de la salle de bain recouvrant tous les murs et le plafond aussi. Elle ne se lassait pas de l’élégance de ses jambes croisées, de déhanché étudié qui mettait ses courbes en valeur, de l’harmonie de ses bras, de la grâce de son cou et de son visage, si pur, si fin, si beau, même sans une once de maquillage. La nature avait fait son maximum et elle s’en félicitait. Ce que le miroir lui renvoyait, c’était l’image même de la perfection, celle qu’elle ressentait à se mouvoir dans ce corps si souple, si familier et si délicieux. Elle éprouvait un plaisir d’être aussi intense que celui de se voir. Et cela suffisait à remplir sa vie, à occuper les secondes de ses journées.

Tout son univers se devait d’être un écrin à ce qu’elle était, une merveille, un diamant unique. Son appartement immense, un cadeau d’adieu, était un hymne à sa beauté et à sa couleur préférée, le rose ! Chaque surface murale était recouverte d’un miroir ou d’une image d’elle, réalisée par les photographes les plus prestigieux. Le sol, le mobilier, les tentures, les objets, étaient une déclinaison systématique de toutes les nuances du rose ou, s’ils ne l’étaient pas, étaient là pour souligner cette couleur.

C’est l’environnement qu’elle avait choisi, les tonalités de son univers intime, et finalement de sa personnalité. Jusque dans ses contrats et ses apparitions publiques, son agent cultivait cette « Pink touch » qui lui était propre. Avec une redoutable efficacité, il sélectionnait les prestations qui la mettaient le plus en valeur : mannequin très prisé, elle ne s’offrait aux regards que pour des publicités où sa beauté exceptionnelle s’alliait au rose, quel que soit le produit à vendre. Elle ne se prêtait à des défilés de mode que vêtue des plus belles créations pourvu que la couleur dominante soit sa préférée. Dans le monde de la mode, on l’avait surnommée « Pink Lili». Elle avait suivi avec brio les traces de sa mère, mannequin célèbre des années 80. Cette dernière avait connu une brillante carrière et fut adulée des hommes les plus riches.

Lili-Rose, quant à elle, vivait seule. Sa relation avec les hommes se résumait à un mariage aussi bref qu’insignifiant. Elle ne tolérait désormais que des soupirants, toujours tenus à distance, mais néanmoins, forts généreux. Et aucun paparazzo n’avait le moindre baiser à se mettre sous les pixels, pas même une étreinte furtive de doigts, ni un simple échange de regards. On ne lui connaissait aucune aventure et dans ce monde « Sex and Bizness », elle faisait figure d’amazone, de vestale, ce qui lui conférait une aura particulièrement énigmatique.

Lili-Rose aimait sa solitude. Elle possédait ce petit chien appelé Puppie – mais ils s’appelaient tous Puppie –, et s’en occuper l’ennuyait. Son alimentation et ses balades sanitaires étaient dévolues à sa secrétaire. Elle ne le prenait avec elle qu’en représentation, comme un accessoire à sa beauté. D’ailleurs, elle changeait de chien au gré des modes, c’est-à-dire souvent, et se plaisait à les offrir en cadeau d’adieu aux soupirants devenus indésirables.

Lili-Rose n’aimait qu’elle, tout simplement. Ce qui était très reposant. Elle ne se préoccupait de personne et n’était ainsi affectée par aucune opinion ni jugement désagréable à son encontre. En outre, elle ne se posait aucune question sur les conséquences de son attitude ou de ses propos envers quiconque, ce qui avait l’avantage de ne pas troubler son esprit de pensées parasites et inutiles. Dotée d’une mémoire exceptionnelle, elle pouvait lire n’importe quoi et briller en société à discourir sur telle découverte scientifique, ou telle exposition sans que cela ne l’intéresse le moins du monde. Il avait suffi d’un article, ou d’un catalogue d’exposition pour meubler son esprit et lui fournir l’axe de ses conversations. L’essentiel était d’être le centre de toutes les attentions. Elle changeait d’idées aussi vite que de vêtements. Elle n’avait pas d’amis, il fallait leur faire plaisir. Elle n’avait que des courtisans qui remplissaient bien leur rôle : la combler de cadeaux, l’emmener dans les restaurants les plus chics et les plus chers, l’inviter sur leur yacht, la distraire en public, la complimenter sans fin… Elle avançait, souveraine au milieu de la foule, ne regardait personne, centrée sur son seul plaisir d’être, consciente de sa beauté extraordinaire, et ravie de l’exposer aux regards fascinés, chargés d’envies et d’admiration.

On sonna. Le chien se mit à aboyer frénétiquement.

— Mais tais-toi donc, sale cabot ! C’est Bab ! Je vais enfin avoir des ongles décents.

Elle appuya sur la touche de l’interphone et entendit la petite voix de Barbara :

— Hello, Lili, c’est moi !

— J’ouvre !

Le temps de prendre l’ascenseur et de monter au troisième, il lui fallait quoi, quatre minutes ? Impatiente, Lili-Rose trouvait que sa manucure traînait. Enfin, le ding à sa porte. Elle s’empressa d’ouvrir, mais se retrouva face à un individu masqué, tout de noir vêtu, qui la projeta sur le mur face à l’entrée et claqua la porte derrière lui, la fermant à double tour.

— Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?

— Je ne sais pas encore ce que je veux faire de vous !

— Pour qui me prenez-vous ? J’appelle la police.

Leste, elle prit son portable glissé dans la poche latérale de son pantalon et activa avec précision les touches du clavier. L’homme lui arracha l’objet des mains, le laissa tomber au sol et d’un coup sec du talon, l’écrasa comme une vulgaire noix.

— Viens avec moi, lui ordonna-t-il.

La prenant fermement par le bras, il la conduisit jusqu’au salon et la poussa dans le canapé à fleurs roses. Lili-Rose n’avait pas peur. Elle ne comprenait pas cette intrusion, ni où cet individu voulait en venir. Elle s’étonnait aussi ne pas avoir près d’elle Audrey, sa secrétaire. Elle restait interloquée, distraite de la contemplation d’elle-même et vide de toute émotion. Cette situation la dépassait.

L’homme s’était assis sur le fauteuil à côté d’elle et laissait son regard parcourir la pièce.

— C’est quoi tout ce rose ?

— C’est chez moi ! Et c’est ainsi que j’aime vivre.

— Tu ne connais pas d’autres couleurs ? Le rouge, par exemple ?

— Le rouge, c’est la mort, le sang, la violence !

— Et l’orange ?

— Il est médiocre et poussiéreux. Il ne vibre pas.

— Le jaune ?

— C’est une couleur de bébé, de poussin, pisseuse, fade.

— Que penses-tu du vert ?

— Il est bon pour les feuilles des arbres et les plantes d’intérieur. Purement décoratif, mais à petites doses.

— Le bleu ?

— La marque de l’uniforme, raide et autoritaire. C’est la couleur de l’ennui et des habitudes.

— Tu es vraiment sans concession. Ce sont pourtant les vraies couleurs, celles de l’arc-en-ciel, celles de la lumière. Et le violet alors, même rejet ?

— Ah, le violet ! C’est pas pareil. Ça pourrait être du rose qui a bien vieilli. Il a un côté noble que j’aime bien. Mais c’est pas pour moi, ou alors quand je serai très vieille et que le rose me fera ressembler à une guimauve ratatinée. Mais en quoi ça t’intéresse mon idée sur les couleurs ? J’en ai rien à faire des couleurs ! J’aime le rose, point ! Rien à voir avec l’univers aseptisé de ma mère.

— C’est comment chez ta mère ?

— Tout y est noir et blanc, avec des vitrages partout pour laisser entrer la lumière. Les étoffes de couleur taupe, ou bien dans des dégradés de gris ou de couleurs terre. Pas un grain de poussière, pas un seul objet déplacé, immuablement posé au bon endroit selon les règles du Feng-shui. Une certaine idée de la perfection : tout y est lisse, clean, brillant, ordonné.

— Et ton idée à toi de la perfection ?

— Tu es le fils de Mireille Dumas ? Ou tu joues au journaliste pour faire passer le temps ?

— J’ai envie de te connaître.

— Pour quoi faire ? Je t’ai rien demandé ! Tu viens chez moi, tu t’imposes, tu m’obliges à écouter tes sornettes et à répondre à tes questions. Tu veux quoi, à la fin ? Me sauter ? Me prendre mes bijoux ?

— Non ! Rien de tout ça. Ça fait des semaines que j’essaie de prendre rendez-vous. Ta secrétaire fait barrage. Un vrai cerbère, ou une vraie pro ! Tu es intouchable. Alors, je n’ai pas eu le choix. Je me suis débrouillé pour l’éloigner quelques heures et j’ai attendu patiemment l’occasion de sonner à ta porte. Ta manucure est arrivée et a été très coopérative.

Lili-Rose triturait nerveusement le pompon d’un coussin du canapé, regardant son interlocuteur à la dérobée. Il était grand et mince, habillé de vêtements de marque. Sous le masque, elle distinguait des yeux clairs et expressifs. Ses cheveux épais et bouclés formaient un halo sombre autour de sa tête. Sa voix était chaude et bizarrement rassurante, tellement envoûtante qu’elle faisait éclater ses défenses.

— Pourquoi tu n’enlèves pas ton masque ? Si tu ne veux ni me violer, ni me voler, tu n’as rien à craindre.

— Quel âge as-tu, Lili-Rose ?

— Bientôt dix-huit ans.

— Et déjà si riche et indépendante !

— J’ai commencé à bosser, j’étais enfant. J’ai d’abord posé avec ma mère pour des publicités, et puis j’ai fait un peu de télé, dans des séries pour gosses. J’ai vite grandi. À treize ans, j’avais déjà ma taille actuelle et je connaissais bien le métier de mannequin. Je crois que je n’ai pas raté un seul défilé de ma mère quand elle était en France. J’étais tout le temps dans les coulisses derrière les podiums et j’observais ce qui se passait. J’ai assisté aussi aux séances photos, et tout de suite, les photographes ont voulu me faire poser. Ils me disaient que j’avais ça dans le sang. J’ai peut-être pas beaucoup d’instruction, mais je sais regarder, et écouter… J’ai pas besoin de longs discours pour savoir ce que l’autre attend de moi.

— Pourquoi tu ne vis pas avec ta mère ?

— On ne s’entend pas. Et puis je me suis mariée à quinze ans avec un producteur. Ça lui plaisait bien de se montrer avec une si belle jeunette. Il m’a fait tourner dans deux de ses films. On est resté marié à peine un an. J’ai pas aimé. Il s’est trouvé depuis une nouvelle femme encore plus jeune que moi.

— Si tu ne l’aimais pas, pourquoi t’es-tu mariée avec lui ?

— Parce qu’il m’adorait ! Il m’idolâtrait. Il m’adulait et faisait mes quatre volontés. J’aime qu’on m’aime. Je n’ai jamais vu quelqu’un avoir si peu d’amour propre. Il rampait à mes pieds et réalisait tous mes caprices. C’était vraiment jouissif ! Il a même accepté de ne pas me toucher pendant les six premiers mois de notre union. Je jouais les déesses, insaisissable et idéalisée. Il a été patient, complètement fou d’amour. Et puis un jour, il a craqué. Il m’a forcée et j’ai eu mal. Je n’ai pas supporté. Trop douloureux. Je n’ai plus voulu qu’il me touche et j’ai demandé le divorce. Ça ne m’amusait plus du tout notre petit jeu.

— La déco de l’appartement, tu l’as fait faire pendant ton mariage ?

— Non, cet appartement, c’est son cadeau de séparation. Mon premier chez moi, mon intérieur à moi que j’ai décoré à mon goût, avec les meubles et les objets que j’aime avoir autour de moi.

— Et tu as choisi le rose !

— Ouais ! Ça me plaît. Ça fait cosy. J’aime pas les intérieurs bourgeois, ni sophistiqués, minimalistes comme ils disent maintenant. J’aime le douillet, le soyeux. J’aime que ce soit plein et accueillant. Aucune couleur ne me plaît, si ce n’est le rose. Le blanc et le noir, c’est pas des couleurs, c’est juste pour mettre en valeur, souligner, servir de support.

— Qu’est-ce que tu attends de la vie, Lili-Rose ?

— Mais c’est quoi cet interrogatoire ? Je te demande si tu préfères les slips ou les caleçons ?

— Je t’explique ! Ça fait un moment que je ne suis pas rentré en France. Je suis photographe. Je travaille surtout aux States. Et puis, un jour, j’ai vu ta photo dans un magazine, et j’ai voulu te connaître.

— Pourquoi moi ?

— Parce que tu ressembles comme deux gouttes d’eau à ma fille aînée.

— Qu’est-ce que tu veux que ça me fiche ?

— C’est qui ton père ?

— Ben, c’est certainement pas toi ! Mon père, c’est Arthur Kingsley, et ma mère vivait avec lui depuis des lustres avant ma naissance. Il a eu la mauvaise idée de se tuer dans un accident de voiture, un mois avant que je débarque. C’est pour ça que je porte le nom de ma mère. Et puis, des pères, j’en ai eu à la pelle. Elle changeait d’amant plus vite que de voiture. Et les voitures, elle les aime! Quand j’ai commencé à grandir et à attirer les regards, elle ne les a plus emmenés à la maison, des fois qu’il leur viendrait des idées pas très claires envers moi. C’est Toune, ma nounou, qui s’est surtout occupée de moi. Maman était un vrai feu follet. Toujours affairée, toujours en partance. Elle voyageait beaucoup. Je la voyais entre deux portes, sur son lieu de travail surtout, et quelquefois le week-end, quand elle m’emmenait voir l’océan.

— Je l’ai connue, ta mère. Oh, pas longtemps, faut être juste. Cinq jours de prises de vue pour une revue. Nous avons travaillé intensément : elle était très photogénique. À la fin, j’ai fait une série de portraits d’elle, remarquables, que j’ai vendu à prix d’or.

— C’était quand ?

— Il y a dix-huit ans.

— ….

— Une seule fois on la fait ! C’était la dernière journée, en studio. Nous avions passé des heures à travailler, à nous regarder, à nous mettre en phase. On finissait par se comprendre à demi-mot : elle anticipait mes demandes, je devinais ses intentions, son prochain geste. Il y a eu comme une fulgurance, un même élan passionnel, peut-être cette peur de rompre le charme de notre complicité. Une nuit, une seule. J’étais marié à l’époque et pas encore très connu. Elle aimait le luxe et la compagnie des gens friqués. On ne s’est plus revu, sauf par magazine interposé.

— Et tu as su que j’étais née ?

— Oui. J’ai appris qu’elle avait eu une petite fille de son amant décédé.

— T’attends quoi de moi si tu es mon père, le vrai ?

— Je ne sais pas. Que tu acceptes l’idée que j’existe ?

— Qu’est-ce qui me prouve vraiment que tu es mon père ?

Il ne répondit pas tout de suite. Il sortit de sa poche une série de photos et les lui tendit une à une.

— Ce sont les photos d’Emma, ma fille. Elle a vingt ans maintenant. Regarde-la… à six ans,… à douze ans,… et maintenant. Bien sûr, il faut l’imaginer avec des cheveux courts comme les tiens et teints en rose foncé.

— Dis-moi que c’est pas vrai ! C’est pas possible ! Il ne peut pas y avoir une autre fille qui me ressemble ! Nooon !

— Oui, Lili-Rose, c’est possible et cette fille, c’est ta demi-sœur.

— Je refuse ! Pourquoi elle m’a fait ça ? Maman, elle m’appelait toujours son « unique », son « trésor », sa « beauté incomparable» ! Cette fille, elle n’a pas le droit d’exister !

Lili-Rose était blême. Elle aurait voulu griffer cet homme, le frapper, lui faire mal, l’empêcher de parler, déchirer les photos, tuer cette fille. Elle se jeta sur lui et lui arracha le masque … et resta stupéfaite. La moitié gauche du visage de l’homme portait des cicatrices de brûlures profondes.

— Vitriol, articula-t-il sommairement.

— Qui ?

— Les hommes de main du compagnon de ta mère. Lors d’une énième dispute, elle lui a avoué notre liaison d’une nuit et son désir de me rejoindre. Il est devenu fou. Le lendemain, il lui a rapporté la photo instantanée de mon visage ravagé par l’acide. Il m’avait menacé de faire la même chose à mes deux filles si je continuais à voir Clara. Et elle, il l’a terrorisée. Elle n’a plus bronché.

— Et tu n’as rien fait ?

— Pas tout de suite. Mais quelques mois plus tard, Clara m’a appelé. Son mec venait encore de la battre. Elle était enceinte et avait peur de perdre son bébé s’il la frappait encore aussi fort. Elle ne savait plus à qui s’adresser. J’ai fait faire le sale boulot par un gars qui s’y connaissait bien en mécanique. Ensuite, je suis parti aux Etats-Unis.

— Et tu n’as plus cherché à voir ma mère ?

— Tu as bien regardé mon visage ? Tu crois qu’elle aurait aimé ?

Lili-Rose avança timidement la main vers ce visage soudain durci. Les yeux de l’homme suivaient le moindre de ses gestes. Elle approcha ses doigts de la peau meurtrie, et doucement caressa les marques figées sur la joue.

— Ta peau est douce, … et rose. Je vois bien que dessous tu es beau. Parle-moi encore de toi. Comment tu t’appelles ?

— Lilian, … Lilian Roseberg.

 

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