Les plumes 47 de décembre – Chabadabada

logo-plumes-aspho-4-c3a8me-tirc3a9-du-tumblr-vanishingintoclouds

À l’initiative d’Asphodèle, ici l’original, une proposition d’écriture pour tous ceux et celles qui veulent partager des mots et un thème: ce mois-ci « Chabadabada », on se fait un cinéma, librement inspiré de Lelouch (ou pas) avec les mots collectés suivants :

Espoir, guimauve, comédie, musique, plage, liaison, mièvre, baragouinage, égalité, classique, chanson, inspiration, balai, (essuie-glace: facultatif), navet, louche, roman, abracadabrantesque (facultatif), amoureux(se) et batifoler.

Pour découvrir et lire tous les autres textes des 25 participants, c’est ici !!!!

  Tout rouge de colère

Il est des enfants qui, à leur naissance, représentent l’espoir incarné d’un homme et d’une femme surtout quand ils surgissent un 25 décembre. On connaît la chanson, c’est classique : « Oh !! Le joli petit Jésus !! » Tout juste emmailloté, le voilà collé sur la paille entre l’âne et le bœuf le temps d’une messe. Commencer toute une vie ainsi n’est pas de bon augure. Des musiques plus mièvres les unes que les autres accompagnent son supplice et la comédie prend fin peu après minuit.

Affamé et gelé, il se retrouve enfin dans les bras de sa vraie maman, pas encore remise de son accouchement. En mal d’inspiration, ils l’appellent Léon ; c’est le début de l’itinéraire d’un enfant gâté. D’un appétit féroce, ce gros bébé grandit vite, rit beaucoup et se met souvent en colère car il n’aime pas qu’on lui en impose. Il n’a pas du sang de navet dans les veines mais un feu ardent et bien rouge qui se chauffe facilement. Même en hiver – et il dure longtemps sous ces latitudes septentrionales – il ne peut garder son sang froid. Mais bon, je ne vais pas écrire un roman ni une belle histoire abracadabrantesque, ceci n’est pas un conte à la guimauve : c’est une histoire vraie. De ses premiers baragouinages d’enfant turbulent à ses transports amoureux pour la belle Noémie, ce voyou est dilettante, vagabond, oisif, rebelle, indépendant, il préfère batifoler au grand air dans les forêts et les vastes étendues immaculées en compagnie du peuple des lutins farceurs et des gnomes jouisseurs sans oublier les elfes dansants. Son seul désir est d’être heureux et le commerce des autres hommes l’ennuie, tout comme celui des sorcières avec leur balai. Ce sont des maniaques de la propreté qui essuient la glace des lacs gelés pour qu’elle brille au soleil. Un travers de ces maudites femmes dont on ne parle jamais. L’une d’elles, voulant se venger de l’arrogance de cet épicurien incontrôlable, pense l’envoyer rôtir sur une plage dorée du Sud loin de ces contrées chéries mais finalement, elle préfère lui offrir pour son anniversaire un renne. Un peu spéciale, la bestiole : son poil brille dans la nuit et ses pattes touchent à peine le sol. Léon le trouve louche. Surtout qu’il refuse de le porter.

– Trop lourd, lui souffle l’animal.

Son sang ne fait qu’un tour. Léon de rage l’attelle à un traineau. Aussitôt le renne se dédouble et ce sont six rennes qui emportent un Léon sidéré. Ils vont à la vitesse de l’éclair. Les enfants des villages l’applaudissent à son passage au son des grelots qui pendent sur les têtes du fringant attelage. L’aventure, c’est l’aventure, l’équipage s’envole à la nuit et fait le tour du monde. Léon voit alors des misérables enfants et des enfants riches, les uns et les autres malheureux ou désabusés. Aucune égalité et beaucoup de tristesse qui font hurler Léon de colère. Il vire au rouge cramoisi devant tant d’injustice. La sorcière jubile de le voir si furieux. Mais la magie du renne n’opère que le jour de son anniversaire.

Revenu dans son chalet, il décide de planter une graine de bonheur et d’espoir dans chaque cœur d’enfant où qu’il soit et quelles que soient ses conditions de vie. Léon ameute les peuples des forêts et durant douze mois prépare son projet. Les corneilles font la liaison entre les différents ateliers de fabrication de jouets. Le jour dit, le 25 décembre, le traineau chargé de cadeaux, Léon attelle son renne magique qui aussitôt se démultiplie. Voilà notre Léon parti aux quatre coins du monde à offrir un jouet à chaque enfant. Un monde à l’envers ! Il tournait enfin rond, dans le sens de l’amour, et ainsi Léon devint Noël, le Père Noël !

Bon, je sais, tout çà pour ça !! Si c’était à refaire, je n’écrierais pas non plus un roman de gare mais je ne pouvais oublier les grands moments comme cette fête de Noël.

(668 mots)

(NB : vous pouvez vous amuser à trouver dans ce texte 12 titres de films de l’auteur de chabadabada)

Publicités

A propos domicano

L'écriture, la littérature, la photo, le dessin et l'expression artistique sous toutes ses formes me passionnent. J'aime le rêve et la réalité dans la beauté, la poésie et le potentiel d'émerveillement qu'ils peuvent offrir.
Cet article, publié dans Participations, Challenges et concours, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

32 commentaires pour Les plumes 47 de décembre – Chabadabada

  1. Ping : LES PLUMES 47 – Les textes nous font leur chabada ! | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

  2. Valentyne dit :

    J’aime beaucoup la magie qui se dégage de ce texte ..
    Je reviens quand j’ai trouvé les 12 titres 🙂
    Bisous Dominique 🙂

    J'aime

  3. martine dit :

    J’aime beaucoup cette biographie du Père Noël. Ainsi dépeint, c’est un « homme qui me plaît » : il n’a pas « l’itinéraire d’un enfant gâté », et, « Hasards ou coïncidences » (?), il a le « courage d’aimer », lui !
    Je te souhaite « La bonne année » 😀

    J'aime

  4. modrone dit :

    Décidément Lelouch a cette semaine d’excellents attachés de presse. Bravo.

    J'aime

  5. Tout ça pour ça et bien moi, j’aime le ça, na !

    J'aime

  6. 'vy dit :

    C’est délicieux à lire. Tu as même réussi à me donner des frissons avec tes petites graines de bonheur et d’espoir plantées dans le coeur des enfants… (presque) eu la larme à l’oeil aussi. Mince, tu me ferais devenir sentimentale, non mais, ça va pas !
    J’ai trouvé le titre d’un film de Besson… euh, seulement cinq ou six de Lelouch, suis pas une spécialiste et j’étais trop dans la lecture, et je veux y rester. Dominique… « tourner dans le sens de l’amour »… il y a peut-être une magie dans ton texte.

    J'aime

  7. Asphodèle dit :

    Mais c’est un festival dédié à Lelouch cette semaine ! Je n’en demandais pas tant alors j’applaudis et doublement car ton histoire de père Léon (Noël pardon) est diablement inspirée ! Je ne sais pas si j’ai trouvé les 12 titres, j’en ai remarqué quelques-uns à la lecture mais si bien placés que pffft…je ne m’y suis pas arrêtée, hâte que j’avais de savoir la fin ! 😉 Bravo, c’est talentueux ! 😉

    J'aime

    • domicano dit :

      Merci Asphodèle ! dès qu’approche Noel, les contes s’imposent sous ma plume; ils font bon ménage avec Lelouch qui sait si bien raconter des histoires. pas encore vu son dernier film, mais j’irai pendant ces vacances. Joyeux Noël!! Bises

      Aimé par 1 personne

  8. emilieberd dit :

    Non seulement c’est beau à lire mais c’est vraiment trop chou, cette naissance du Pere Noel!Une histoire pour mes enfants pendant les vacances😉
    Bisous

    J'aime

  9. celestine dit :

    Espérons qu’il ne se mette pas à dégommer tout le monde à la kalach, ce Léon-là, comme son illustre et sinistre homonyme !
    Par l’étang qui court, on ne sait jamais.
    En tous cas, un vrai plaisir de tomber sur ton texte ce matin.
    Bisous célestes

    ¸¸.•*¨*• ☆

    J'aime

  10. Joli conte, et bien tourné, avec un poil de magie douce.
    je ne jouerais pas à chercher les titres, mais j’aime particulièrement l’appel des six rennes 🙂

    J'aime

  11. monesille dit :

    j’ai trouvé « l’aventure c’est l’aventur »e plus ceux déjà cités, mais je ne suis pas une grande spécialiste de cinéma :). Par contre j’ai beaucoup aimé ton texte et le jeu avec l’anagramme, Léon, Noël ! Impeccable et émouvant, oui, l’émotion joue son rôle parfaitement !

    J'aime

  12. Bravo, quel talent ! Et j’ai retrouvé tous les titres 😉 Entre Noël et Léon, l’émotion tisse sa toile. Bonnes fêtes !

    J'aime

  13. Caroline D dit :

    J’ai eu des frissons. Et c’est la gorge un peu serrée que je commence mon commentaire…
    Léon et les graines du bonheur. Mais quel beau conte de Noël, Dominique.
    J’étais déjà attachée à ce Léon  » dilettante, vagabond, oisif, rebelle, indépendant… qui préfère batifoler au grand air dans les forêts et les vastes étendues immaculées  » et voilà qu’il devient ce grand bonhomme vêtu de rouge qui distribue le bonheur et fait tourner le monde un peu plus à l’endroit… Je le serrerais fort dans mes bras, ce Léon.
    Et les corneilles qui font la liaison. Moi qui les aime tant.
    Et tout au long de la lecture, j’ai eu l’impression d’un élan tout naturel, d’une envolée du coeur.

    J'aime

  14. mariejo64 dit :

    Quelle transformation ! Du petit Jésus au près Noël en passant par le fougueux Léon… quel beau conte de Noël ! « Un + Une » et les mots deviennent féérie !

    J'aime

  15. martine27 dit :

    Jolie revisite de la création du Père Noël

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s