« Cosmos » de Michel Onfray

Voilà un livre, impressionnant – 550 pages , il y a pire je sais – qui pourrait être lu comme un dictionnaire, en ouvrant les pages au hasard tant la pensée de Michel Onfray est polymorphe et n’a pas besoin d’une lecture linéaire. Il ne peut être lu non plus comme un roman : c’est du lourd, surtout que je n’ai pas de formation de philosophe et les subtilités conceptuelles me prennent vite la tête. Quand on connait ses limites et ce qui plait, on y va à son rythme.

Ce livre est mon livre de chevet. Pas ma bible, pas LE livre ! Non. Mais il est près du lit et je l’ouvre au coucher pour en lire un chapitre avant le dormir. Des chapitres courts – 15/20 pages, rien de traumatisant -. Je le déguste à petites doses que je laisse infuser doucement comme un thé vert précieux qu’il ne faut ni ébouillanter par l’urgence d’une lecture boulimique, ni avaler trop vite de peur de ne pas en savourer toutes les nuances. Pour me rassurer sur ma capacité à aller au bout de cet ouvrage, je me dis que 5 fois 5 chapitres ça ne fait que 25 en tout, donc un petit mois de lecture homéopathique pour aborder ce livre qui semble si important à son propre auteur.

Après avoir tant lu et tant écrit (plus de 80 livres sur tous les sujets), après avoir tant communiquer, après avoir tant enseigner, voilà que ce livre représente pour lui (ainsi que les deux qui vont suivre et constituer une trilogie) la synthèse de sa pensée, nourrie non seulement de son savoir philosophique mais aussi de son vécu, de la richesse de ses relations, de ses amitiés, des mille façons de goûter la vie.

1540-1Dès  les premiers chapitres, une évidence : cet homme possède une mémoire encyclopédique : il est capable de citer trois références d’auteurs plus ou moins connus sur un thème particulier en n’oubliant ni les accents, ni les virgules de la citation. Il peut aussi retranscrire avec précision les échanges qu’il a eus avec telle ou telle personne et c’est d’autant plus bluffant quand cet échange est technique, et que son interlocuteur est un oenologue qui lui décrit les 36 caractères de tel ou tel champagne. Mémoire intellectuelle, mémoire sensorielle : comme on parle d’une oreille parfaite pour un musicien surdoué, il a une mémoire parfaite. Cette mémoire n’est pas seulement cantonnée au cerveau, elle participe de tout le corps, de chaque cellule, comme s’il était lui-même un univers corps/esprit décrivant ce qui l’anime et le constitue.

Cet article reste ouvert : j’y apporterai des réflexions complémentaires au fil des chapitres que j’aurai lus. À suivre…

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A propos domicano

L'écriture, la littérature, la photo, le dessin et l'expression artistique sous toutes ses formes me passionnent. J'aime le rêve et la réalité dans la beauté, la poésie et le potentiel d'émerveillement qu'ils peuvent offrir.
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13 commentaires pour « Cosmos » de Michel Onfray

  1. A suivre donc, avec grand intérêt ! Sa pensée, controversée, voire vilipendée, que je ne connais pas encore assez (je n’ai lu qu’un livre de lui), est du moins une pensée vivifiante.

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    • 'vy dit :

      J’ai lu pas mal de livres de lui comme La sculpture de soi ou Théorie du corps amoureux, à l’époque où il était vraiment hédoniste. Maintenant, je le trouve d’une tristesse affligeante et d’une amertume qui ne va pas de paire avec la philosophie. Je précise que je n’ai pas lu Cosmos, alors peut-être que… Je précise encore que je lui reconnais le mérite d’avoir créer l’université populaire de Caen.

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    • domicano dit :

      Onfray reste clair dans ses réflexions et ses décryptages, ensuite les médias font le jeu du discours convenu

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  2. 'vy dit :

    Michel Onfray… je l’ai dévoré à une époque, mais maintenant… Je le fuis comme un triste sire qu’il est semble être devenu. Je n’ai pas lu Cosmos, parce que son livre précédent dont je ne me souviens même plus du titre, avait mis ‘définitivement’ fin à ma bonne volonté de le lire encore. Mais ce que tu en dis m’intéresse et je vais donc suivre les ajouts à l’article. Sait-on jamais…

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    • domicano dit :

      J’ai un temps écouté ses CD enregistrés durant ses conférences à Caen, j’ai aimé comprendre l’articulation entre les différents courants de pensées qui structurent d’une certaine façon notre propre façon de pensée actuelle. Onfray parle clairement et évite les jargons de caste. Pour ce qui est de sa tristesse, elle fait partie de ce personnage à l’intellect surdéveloppé mais qui est profondément attaché aux êtres, notamment ceux qui sont partis récemment, son père et sa compagne, cette partie sensible et fragile qui donne du corps à sa pensée.

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      • 'vy dit :

        Ce que je voulais dire c’est que j’ai pensé un temps revenir vers lui, justement pour tout ce que tu dis, ce que j’avais lu par ailleurs, un ou deux reportage sur lui, mais lorsque je suis entrée dans son livre, je me suis aperçue qu’il me mettait le moral en chute libre. Alors non. Mais je ne suis fermée à rien et je suivrai avec intérêt les ajouts sur ton article. D’ailleurs, je voulais te demander, sera-t-on prévenu ?

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      • domicano dit :

        Oui,je ferai un article suite mais je lis doucement,ça va prendre du temps….

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  3. Asphodèle dit :

    J’entends tout et son contraire à propos de cet homme, de ce qu’il a représenté à une époque et comment les gens se hâtent de jeter aux orties ce qu’ils ont adoré hier… Je ne le connais pas assez pour juger (et je ne l’ai jamais lu), la philosophie n’étant plus une priorité de lecture (j’en ai lu beaucoup à une époque) même s’il m’arrive de suivre des blogs « philosophes », histoire de voir comment la philosophie évolue en ce monde… Ton avis (tes avis ?) donc m’intéressent ! 🙂

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    • domicano dit :

      Plus que mon avis, dans la lecture, c’est ce que l’auteur vivifie en moi qui me porte. Onfray, dans Cosmos justement, aborde tellement d’aspects de la réalité que j’y vois en condensé des choses du monde à découvrir et à prendre en compte, à savourer aussi, matériellement et intellectuellement.

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  4. Sylvie G dit :

    Belle analogie avec le the vert 🙂

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  5. Caroline D dit :

    Tant que la matière infusée se rapproche d’un bien-être, j’ai bien envie de dire : à chacun sa tasse de thé! Merci Dominique pour ce partage… qui me raconte un autre morceau de toi.

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