Le chat et l’écrivain

Pourquoi évoque-t-on si souvent l’association du chat et de l’écrivain?

Parle-t-on du chat et du cuisinier, du chat et du plâtrier, du chat et du musicien? Non.P1030838 En revanche, le chat et l’écrivain, c’est un couple qui fonctionne. Parce que l’écrivain est statique, permanent, solitaire, donc rassurant et apprivoisable… pour le chat. Son immobilité créatrice face à son bureau, sa feuille ou son clavier en fait une proie facile pour ce prédateur féroce. Cet animal indépendant aime la compagnie discrète, distante et régulière. Il est amateur de rite et de silence. Accessoirement il mange les souris qui pourraient s’attaquer aux livres ou bien , au Moyen Âge, aux parchemins.

Le chat ne surveille pas l’écrivain, il ne lui sert pas d’antenne ni d’inspirateur. Il n’a aucune mission. Leur rapport est plus prosaïque que ça : le chat s’installe dans la bulle de celui qui écrit pour alimenter ses propres rêves. Il aime tellement dormir pour rêver ! (Avez-vous remarqué qu’il fait la même chose avec les petits enfants qui dorment ou les adultes qui siestent? Il se colle à eux et aspire leurs rêves. tumblr_static_dreamcatcher_by_karinorthern_d5h_by_ivepayne-d6ncah0C’est ça, c’est un dreamcatcher!)

Quelle aubaine pour le chat que ce personnage isolé qui bouge à peine, qui ne fait pas trop de bruit, qui ne parle pas, qui ne chante pas, qui n’a pas de gestes brutaux. Autour de lui s’anime tout un univers potentiel où il est bon de flâner, de partir à la découverte de zones inconnues et fluctuantes qui d’aucune façon ne peuvent enfermer et contraindre le félin explorateur.

L’humain au travail d’écriture lui ouvre la porte de son imaginaire, si vaste, où le chat peut vagabonder à sa guise durant ses rêves.

Histoire de longueur d’ondes, de mise en phase vibratoire sans doute.

Double face

Le chat s’enroule autour de sa torpeur,

Tout en rondeur, tout en douceur.

Il se réchauffe au feu de l’âtre

Et s’oublie dans les limbes d’un faux théâtre.

Ombre sinueuse, il louvoie en quête d’une proie.

Il chasse les esprits comme les souris au petit matin froid.

Le félin minuscule fait semblant d’être absent,

Mais l’oreille aux aguets, il veille assidûment.

On le croit endormi. Que nenni ! Il frémit.

Non point sept ni neuf vies, mais un nombre infini.

Il traverse des mondes qui à lui seul se révèlent,

Y tisse des filins pour nous servir d’échelle.

Il s’étire et ronronne, courtise nos chevilles

Pour une caresse, un bol de crème de notre main donné.

Il cache bien son jeu, le petit animal docile,

Il nous charme, nous frôle de son sillage léger.

Il nous parle d’amour sans s’attacher.

Il nous raconte la langueur des jours et le mystère des nuits.

Il fait vibrer nos âmes l’air de rien y toucher,

Messager du subtil, complice de nos muettes envies.

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A propos domicano

L'écriture, la littérature, la photo, le dessin et l'expression artistique sous toutes ses formes me passionnent. J'aime le rêve et la réalité dans la beauté, la poésie et le potentiel d'émerveillement qu'ils peuvent offrir.
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2 commentaires pour Le chat et l’écrivain

  1. Cathy dit :

    Chat c’est super ! j’adore les chats et les belles histoires de chat ! Merci Domi

    J'aime

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