Il est question d’autisme…

  • Dimanche 13 Octobre 2019 (en lien avec la page écriture en préparation: René LHERMITTE: L’hermitte )

L’écriture d’un livre est un cheminement entre réalité et imaginaire. Il me permet d’aller explorer des thèmes de réflexions et d’études inabordés jusqu’à présent. Dans les personnages secondaires de mon roman en cours qui devaient entourer René, j’avais projeté de faire intervenir Ange, un jeune autiste, car cela me semblait illustrer une forme de solitude terrible et incontournable. C’est ainsi que hier samedi, j’ai eu l’opportunité d’écouter une conférence sur l’autisme par le professeur Bruno GEPNER, psychiatre qui travaille sur ce thème depuis 30 ans. Son exposé a été brillant, clair, et énoncé d’une voix douce et assurée. Il connaissait son sujet à fond et le transmettait avec beaucoup de simplicité. J’en ai tiré parti pour développer mon chapitre sur ce personnage « Ange » dont René se fait l’interprète.

En voici quelques extraits:

« ...Une question me taraudait (sic !) : pourquoi Ange souffrait-il d’autisme ? Quel héritage dans notre lignée l’avait fait naître ainsi ? Ou bien mon refus d’assumer le poids des ans en était-il la source ? Que signifiait l’autisme ? Quel message envoie-t-il aux proches ?

Qu’est-ce que l’âme expérimente à travers cet handicap ? La solitude évidemment, celle de la prison de celui qui ne peut s’exprimer verbalement, encore moins communiquer avec ses semblables. Y a-t-il une possibilité que cet état révèle des secrets de famille, des traumatismes non avoués, déniés, d’obscures mémoires scellées dans l’oubli forcé ? Tout comme mon refus de vieillir à 72 ans n’était-il pas la reproduction ou l’émergence d’une émotion vécue par un ancêtre ?

… Neuf ans plus tard, le revoilà, Ange, jeune adulte. Qui pourrait croire qu’il souffre du trouble du spectre de l’autisme ? Hormis une certaine raideur dans son allure, c’est un beau jeune homme au regard doux et au sourire attendrissant. Comment imaginer que cet être soit enfermé dans son monde, certes doué intellectuellement mais incapable d’empathie, étranger aux émotions et aux sentiments des autres, persuadé que tout le monde pense comme lui. Il ne peut en être autrement. C’est dans ses gènes, c’est dans l’organisation de ses neurones. Depuis notre première rencontre en 2007, je me suis engagé dans des actions en faveur de la recherche sur ce problème sociétal qui semble s’amplifier, mais aussi pour soutenir les parents d’enfants souffrant de ce trouble, non une maladie mais un syndrome clinique multiforme, infiniment complexe à desceller parfois. Pour les personnes qui côtoient un autiste sans connaître ses particularités neurologiques, cet être peut être jugé d’égoïste, d’autocentré, d’hypernarcissique, de froid ou d’indifférent. Ils sont facilement catalogués d’irresponsables tant ils ne peuvent concevoir dans la relation à l’autre être responsables des conséquences de leur comportement. Ils ne diront jamais merci, ni excuse-moi non plus, ils ne pourront pas se remettre en question. Ils recherchent la solitude et ne se sentent bien que dans des situations connues d’où leur propension à la routine, aux réflexions répétées sur les mêmes thèmes, aux centres d’intérêts restreints.

Je croyais que Hélios avait exploré une isolement terrible durant ses années de prison, mais je réalise que ce que vit et vivra encore Ange dépasse toute autre idée du sentiment de séparation, du gouffre de la solitude. En est-il conscient ? Ou bien le vivant depuis sa naissance, il ne peut concevoir ce vide que normal à l’intérieur de lui-même, une souffrance non avouée qui bloque tout contact vrai avec les autres. Il ne peut se relier à eux, ni se sentir solidaire et encore moins aimé. »

Pour des informations complémentaires sur l’autisme, vous pouvez écouter cette vidéo sur youtube: Je suis un autiste Asperger. Et alors?

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Mercredi 9

Neuf mois: mercredi 9 01 2019 / 9 10 2019

Cela suffit-il pour changer véritablement ou mieux pour renaître?

René s’impatiente. Il ne croit qu’à la vertu du neuf, du renouveau, de l’improvisé, du spontané, de l’inattendu. C’est un des privilège de l’âge: il a l’expérience et sait que sans l’intention, la détermination et la confiance, on peut rester embourbé durant des décennies dans la glu étouffante d’un émotionnel pulsionnel, dans la folie paralysante d’un système de pensées toxiques et stériles.

« On ne peut résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celui qui a généré le problème », disait Albert Einstein. À défaut de comprendre le problème par le mental-ego, l’accès au nouveau, au changement, passe par le corps. L’écoute du ressenti, l’observation neutre du réel sans concepts pour le définir, l’accueil des émotions, celui des opportunités, ouvrent un nouveau champ d’exploration à notre conscience.

Le corps humain adulte est constitué de 100 001 milliards de cellules: impressionnant, non !?? Et chaque cellule possède une conscience et une intelligence propre. Ça fait du monde! Alors faire confiance au corps n’est pas une gageure. Les cellules se renouvellent, pas toutes au même rythme, certaines en trois jours, d’autres mettent des années. Les nouvelles cellules profitent de l’évolution vibratoire de celles qu’elles remplacent quand le milieu physique, émotionnel, mental, spirituel de l’individu qu’elles constituent évolue en transmettant à tout le corps un nouvel état d’être. Le changement profond vient de là. D’où s’ensuit un renouveau non seulement de notre manière de voir le monde et de le penser, mais aussi de notre rapport au corps, à son intelligence phénoménale. Le corps est le messager de l’âme (ou de notre être véritable), intimement lié à elle. Il nous communique par le ressenti et les émotions, des informations précieuses pour décoder nos blocages et nos croyances limitantes et non conscientes souvent. Il nous aide aussi à découvrir de nouvelles perspectives, de nouvelles perceptions.

Pour René, renaître n’est pas un vain mot. 9 mois suffisent-ils pour une renaissance? Gageons que c’est un palier, une étape et que le processus est en marche. Que cela soit aussi un mercredi, est de bon augure : Mercure est le messager des Dieux, il préside notamment aux voyages et aux guérisons aussi (n’a-t-il pas un caducée comme emblème?). René me rappelle que le 22ème arcane*, le Fol ou le Mat, est le pèlerin de l’infini, il sort de l’illusion du Monde parce que désormais le Monde est désormais en lui. Tout un programme!…

* La somme des dates  9 01 2019 ou de 9 10 2019 = 22

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Land Art à Boulouris, ce jour d’octobre

 

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Marcher au pays des arbres, écouter l’air vibrer de leur chant silencieux. Ils sont là, sensibles et attentifs, figés dans la beauté de leur être entre ciel et terre. Certains tortueux, d’autres droits et altiers, des grands, des petits, des mimosas ou des pins d’Alep, qu’importe ! ils règnent sur la douceur de ce matin d’automne. Alentour, d’autres êtres plus mobiles jouent à faire l’artiste, comme des enfants, les mains dans la terre, les ongles noirs griffent les sols et les troncs, tressent les herbes, caressent des bouts de bois, les assemblent, les croisent, les ligotent. Tout un univers sorti de leurs mains patientes, de leur coeur en fête, nous porte vers un ailleurs.

« Je bricole », dit l’un, « Je picore », dit l’autre, « Je crée », s’exclame celui-ci, « Tu bosses? », « Eeeuh… » hésite à répondre celui-là, l’aventurier des formes, le créateur improvisé qui conclut : »Il y a pire comme esclavagisme! ». Lui, le libéré qui livre l’inconnu au regard, un art qui se veut nature dans une nature qui déploie son art pour son seul plaisir. Qu’un avion passe, qu’un train s’éloigne dans la tranchée plus bas, rien ne trouble plus longtemps l’espace où résonnent les chants d’oiseaux, les cris d’enfants, les bambous qui s’entrechoquent sous la caresse d’un zéphyr amusé.

Dans tout ce vert étalé au sol, des gouttes de couleur rose, des fleurs toutes simples, surprennent et illuminent la spirale dessinée sur l’herbe, le trait fait d’une succession de bois morts qui, là, reprennent une vie nouvelle et orientent les pas. Des mots lancés en l’air: »Un filet pour attraper les sirènes! », le jeu des formes appelle des images poétiques que les mots spontanément expriment. L’enfant qui questionne l’adulte sur ses intentions réveille l’enfant en l’adulte et lui propose de rêver. Douceur de l’instant, douceur de l’air sur ma peau, douceur du parfum âcre de la sarriette.

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René, un 9 Septembre

C’est toute l’histoire de René, né un 9 Septembre. En 1926, 1935 ou 1953 ? Bien qu’il soit conteur intarissable, il garde des secrets qu’il ne révèlera, j’en suis sûre, qu’en dernière extrémité. Oui, René est un raconteur d’histoires. Il n’hésite pas à venir une nuit entière me parler de ses aventures d’adolescent, de ses premières amours, de ses défaites, de ses victoires, des tourments de son âme. Il dévoile tout de lui sans pudeur ni retenue. Il apprécie ma compagnie et sait pertinemment qu’il peut s’installer chez moi quand bon lui semble, il sera toujours bien accueilli et écouté. Nous nous connaissons depuis si longtemps.

Ce solitaire aurait pu se faire anachorète ou éternel errant sans toit ni foi. Il a fait de sa solitude une compagne d’aventures, une maîtresse exigeante attendant de lui toutes les attentions, toutes les soumissions. Mais aucune solitude ne mérite de ne pas être partagée. Il en est ainsi de notre coeur d’humain, de notre besoin viscéral de se sentir relié aux autres.

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. J’ai une pensée particulière pour lui.

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Djamilia, de Tchinghiz Aïtmatov

Traduit par A. Dimitrieva et Louis Aragon

Éditions Gallimard/Folio – 2003, 128 pages

Aurais-je lu ce livre si ma fille n’était allée parcourir les monts et les vallées du Kirghizstan ce printemps et si elle ne m’avait prêté ce petit livre ? Sans doute pas. J’ignorais le nom de ce pays montagneux, situé en Asie Centrale, au pied de l’Himalaya, coincé entre le Kazakhstan au Nord, la Chine à l’Est, le Tadjikistan au Sud et l’Ouzbékistan à l’Ouest.

C’est cela aussi la vertu des voyages, ce que l’on fait, même par procuration en suivant de loin les pas et les découvertes des êtres qui nous sont chers. Et qui nous transmettent leurs impressions, celles « de découvrir des êtres accueillants, d’être dans un lieu où tout s’apaise, où le temps s’étire, où les paysages sont sublimes,… »

Pour revenir à cette nouvelle d’une centaine de pages, « Djamilia », écrite par Tchinghiz Aïtmatov dans les années cinquante et publiée en 1959, elle nous projette dans une contrée sous domination soviétique, un kolkhoze, durant la seconde guerre mondiale. Dans l’aïl de Kourkouréou, il ne reste plus que les femmes, les hommes âgés et les très jeunes. Anciens nomades sédentarisés, c’est une société très patriarcale aux traditions fortes. Le narrateur est un jeune garçon de 13 ans, Seït, qui, en l’absence de ses frères partis à la guerre, travaille dans les champs afin de fournir le blé pour nourrir les troupes au combat. Avec sa belle sœur, Djamilia, à peine plus âgée que lui, et un jeune homme revenu blessé du front, Danïiar, ils vont être chargés de transporter sur des charrettes tirées par des chevaux, les « britchka », les sacs de blé de leur village à la gare qui se trouve à plusieurs heures de cheval. Les trajets se font aux heures les plus fraîches en ce mois d’août 43, le matin pour l’aller et le soir pour le retour.

Durant ces journées de travail et de transport, Seït va être le témoin de l’évolution des relations entre Djamilia et cet homme discret et silencieux.

L’histoire est racontée au rythme du pas des chevaux, des chants de la belle Djamilia, elle va résonner de son rire enjoué, et respirer toute la beauté du monde sous la lumière des étoiles.

Ce livre m’a charmée, envoûtée. On y est dans ce pays étonnant, on les voit les gestes des personnages, la force qu’ils déploient pour porter les sacs de blé, l’ardeur à conduire les chevaux, les jeunes gens jouant avec la belle Djamilia pour la séduire, l’intensité des sons dans la nuit, on entend la voix profonde qui fait vibrer l’air nocturne.

Quand j’ai appris que la culture kirghize a été essentiellement orale jusqu’au siècle dernier, j’ai vraiment été étonnée de la qualité de ce récit si sensuel et poétique.

Photo de Lucie F., Juin 2019
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36 mois plus tard…

Non pas une absence, juste un silence, un retrait consacré à l’écriture essentiellement. De manière discrète, j’ai continué de suivre mes ami(e)s blogueurs, goûté leurs écrits, savouré leurs photos, leurs peintures, partagé parfois des émotions fortes quand j’ai perçu certaines détresses derrière les mots. Ces mots porteurs d’une énergie qui passe par la fibre et se moque des distances.

J’ai mesuré aussi la nécessité de ne plus intervenir trop souvent. Un blog peut vite devenir chronophage, non par l’écrit ou l’image qu’on y dépose mais par l’échange ensuite qui ne peut se vivre que spontané et sincère. Je n’y viendrai que sporadiquement, avec des textes ou des livres qui m’ont fait vibrer, des écrits ou des publications personnels, des coups de coeur ou des photos de paysages parcourus. Et je laisse à l’Inconnu devenu très présent dans ma vie actuelle me proposer l’inspiration de nouvelles rubriques qui me tiendront à coeur.

J’ai actualisé la page concernant mes dernières publications réalisées en auto édition : voir le lien  Mes écrits  et aussi les infos sur le prochain livre en préparation :  L’Hermitte. Je serai ravie de pouvoir recevoir vos avis et contributions pour approfondir le sujet sur le tarot et l’alchimie (personnes ressources et documentations). Je vous en remercie d’avance.

On se retrouve très vite.

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Un parfum d’Italie

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